Comprendre le Pourquoi de la crise agricole…Et agir vite !

14
fév

La quasi-totalité des productions agricoles sont en difficulté, et en particulier l’élevage.

On oublie trop souvent que c’est l’activité économique qui demande le plus de capitaux par actif. Beaucoup d’éleveurs ont investi, en particulier les jeunes. Aujourd’hui avec la baisse des prix agricoles, beaucoup ne peuvent plus faire face à leurs emprunts.

La conjugaison d’une forte augmentation de la production, surtout dans le nord de l’Europe, et d’une baisse de la demande explique cette forte baisse des prix. La fermeture du marché russe, du fait de l’embargo imposé par l’Union européenne, une moindre demande du marché chinois, et une baisse de consommation en Europe sont les principales causes de ce déséquilibre entre l’offre et la demande.

La crise est plus sévère en France du fait d’une hausse régulière, et plus importante que chez nos voisins européens, des coûts de production pour deux raisons : le poids des charges pesant sur le travail et un déferlement de contraintes et de règlements supplémentaires coûteux.

Peu de secteurs ont autant fait d’efforts que les éleveurs. Je ne partage pas l’avis de ceux qui parlent de crise de modèle agricole français. En France il y a une grande diversité de taille dans les exploitations. Cela correspond à une richesse plutôt qu’une faiblesse.

Les gouvernements successifs n’ont pas accordé à l’agriculture une attention suffisante. En 2009, j’avais moi-même, avec quelques autres parlementaires de la majorité, refusé de voter la Loi d’Orientation Agricole proposée par Bruno Lemaire. J’estimais que la loi ne prévoyait aucune mesure d’accompagnement. Lors du débat j’avais proposé un plan de modernisation des bâtiments d’élevage, un plan méthanisation, et un allégement de certaines réglementations beaucoup plus draconiennes que chez nos voisins, et donc coûteuses. Je regrette que ces mesures n’aient pas été acceptées.

Agir Vite

Ces distorsions de concurrence sociales, fiscales, et environnementales exigent rapidement un plan d’aide financier, en particulier pour jeunes éleveurs et les investisseurs. La TVA sociale décidée par le gouvernement précédent, et malheureusement supprimée par le gouvernement actuel, aurait été une mesure très positive pour l’agriculture comme pour l’industrie. De plus, il faut oser mettre en question certaines réglementations souvent plus strictes que chez nos voisins.

L’étiquetage de l’origine des viandes sur les produits transformés doit être rendu obligatoire. Dans l’attente d’un décret, les distributeurs doivent l’exiger de leurs fournisseurs.

L’engagement de l’Union européenne est une clé importante. Une première étape a été l’aide au stockage privé (100 000 tonnes). D’autres mesures de réglementation de l’offre sont aujourd’hui nécessaires.

Malgré cette crise particulièrement sévère, je reste confiant dans l’avenir de notre agriculture. La demande mondiale restera forte ; nous avons des atouts en France : un climat favorable, des terrains agricoles plus abordables, des agriculteurs formés et motivés, des capacités d’innovation et une recherche agronomique de qualité.

En ce moment il est important de soutenir les agriculteurs. Rappelons que 1 agriculteur, en particulier dans l’Ouest, est à l’origine de 6 emplois dans les services et l’industrie.

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