Les clés sont en nous-mêmes. Une société meilleure se construit d’abord localement

19
jan

Le chômage reste l’inégalité majeure. Il conduit à la pauvreté, à la perte de confiance en soi et au sentiment d’inutilité sociale.

Alors que la France a tous les atouts d’une grande nation prospère, plus qu’aucun autre pays européen, il y a des raisons d’être en colère à la lumière des chiffres rappelés par le ministre de l’économie : « depuis 12 mois, 24 des 28 pays européens ont réduit le chômage. Nous sommes dans les 4 pays européens qui n’ont pas réussi à le faire. »

Je crains qu’une fois de plus le Gouvernement soit plus attentif à réduire artificiellement les statistiques plutôt qu’à mettre en œuvre les réformes de structures qui ont permis à nombre de pays voisins de voir le chômage réduit. Comme le dit Pascal Lamy « je préfèrerai que le chômage des jeunes soit un tabou plutôt que les 35 heures »

Dans le contexte des annonces envisagées le 18 janvier, j’ai demandé aux entreprises du bassin d’emploi de Vitré de faire part de leurs attentes et de leurs espoirs.

Quelles propositions venant des entreprises ?


3 messages reviennent le plus souvent :

S : comme simplification et sécurité

« Nos entreprises coulent sous le poids de la contrainte règlementaire. »

« Arrêtons de payer les salariés supplémentaires pour traiter la complexité engendrée par les nouvelles lois »

« Simplifier les lourdeurs administratives liées aux embauches et aux licenciements »

« Quand vous avez été confronté aux difficultés d’adaptation de l’entreprise et aux coûts engendrés, vous devez très très prudents pour réaliser les embauches »

F : comme formation et apprentissage

« Poursuivre et développer l’effort de financement sur les formations techniques, bac pro à bac +3 »
« Une vraie politique de développement de l’apprentissage stable dans le temps »
« Une plus grande formation et attractivité des métiers de la maintenance industrielle »

C : comme charges

« Se rapprocher du niveau des charges pesant sur le travail au niveau de nos voisins européens »

« Assouplir les règles autour du temps de travail »

« De la stabilité fiscale »

D’après ces entreprises, 3 signes forts rétabliraient un climat de plus grande confiance :

  • Un différé de 2 à 3 ans du compte pénibilité car c’est une loi inapplicable
  • Une modification des seuils sociaux 10 à 20 – 50 à 100. Une entreprise de 48 salariés de Vitré, pourrait passer au-delà de 50, mais le coût supplémentaire dit-elle, serait de l’ordre de 20 0000 euros
  • Une bouffée d’oxygène en remettant en cause quelques procédures administratives longues et compliquées

 

Les élus locaux ont aussi leur responsabilité

« Sur le chômage ont a tout essayé » a dit François MITTERRAND.

Je ne partage pas du tout ces propos.

A Vitré Communauté, dans la limite de nos responsabilités, nous avons essayé ce qui marche, et ça marche :

  • 5.4% : 2ème taux de chômage le plus bas de France
  • 74.60% d’actifs entre 15 et 64 ans qui ont un emploi, contre 63.8% de moyenne nationale (critère de Lisbonne)
  • 44% d’actifs travaillent dans une industrie forte et diversifiée
  • 12.3% : nombre de foyers bénéficiant d’une allocation (RSA/AAH/API) contre 20.4% de moyenne nationale.

 

Qu'avons-nous dit ?

La fin du chômage français peut devenir une réalité…

Qu'avons-nous fait ?

Quelques exemples :

Si la compétitivité des entreprises est renforcée

- Un environnement favorable à l’esprit d’entreprendre (cf. les 10 commandements for a good business climate)

- Des impôts locaux sur les ménages et les entreprises de 20 à 30% inférieurs à la moyenne nationale

- Pas de versement « transport » exigé par les entreprises

Si la dépense publique est mieux maîtrisée

2 chiffres expliquent une partie de nos difficultés :

- 616 contre 690 (nombre d’heures de travail par habitant en France et dans la moyenne européenne) –

- 6.1% contre 2.4% de PIB consacrés à l’Etat providence dans les 25 dernières années contre 2.4% de moyenne européenne

 

Si la bureaucratie recule

Le monde exige souplesse et rapidité, nous avons lenteur et rigidité

« N’allez pas en France, tout est trop compliqué » (Président d’American Express)

 

 

- Chaque année, une rencontre élus/Chefs d’entreprise permet de voir les difficultés des uns et des autres et essayer de les résoudre localement.

- Pour simplifier la vie des entreprises, des salariés et des demandeurs d’emploi, nous avons rassemblé sous un même toit 10 structures en charge de l’emploi avec un directeur commun Pôle emploi/Maison de l’emploi.

Cette Maison de l’Emploi, de l’Entreprise et de la Formation est présidée par un chef d’entreprise.

Si l’économie de la connaissance est renforcée et le travail manuel revalorisé 

 

- Revaloriser les métiers de l’industrie : témoignages de 70 jeunes, exposition « Jeunes dans l’industrie – Ecoutez-les »

- 110 artisans de 60 à 80 ans transmettent leur savoir-faire à plus de 120 jeunes chaque mercredi après-midi (association l’Outil en main). Depuis 15 ans, aucun de ces jeunes formés, n’est en décrochage scolaire ou au chômage.

Si l’esprit de justice est au rendez-vous de nos décisions

 

 

- Par l’amélioration du pouvoir d’achat

- Sur 18 zones d’emploi, Vitré Communauté se situe selon les années au 2ème ou 3ème rang après Rennes et Lannion

- Par une accession à la propriété favorisée

- Par un taux d’activité entre 15 et 64 ans de 74.60 % contre une moyenne en France de 63.8%

- Par un programme de lutte contre l’échec scolaire

- Par un accès facilité aux activités culturelles et aux activités sportives pour les familles et les enfants

- Sur 212 communautés d’agglomération, Vitré Communauté est au 2nd rang des plus faibles inégalités (indice de Gini – Etude de l’Association des Communautés de France (2011)

Le Président va-t-il enfin oser proposer des mesures capables d’engendrer la confiance ?

« Ce soir, je suis heureux, mes enfants ne vont pas avoir à connaître ce qu’est le chômage !!! »

C’était le commentaire d’un père de famille le soir du 10 mai 1981.

Aujourd’hui, veut-on un avenir meilleur et va-t-on dire la vérité : dans le monde d’aujourd’hui, il ne peut pas y avoir d’exception française qui permette tout à la fois d’avoir la durée d’activité la plus faible (616 heures contre 690), la durée de la retraite la plus longue, l’Etat-providence le plus développé et en même temps, le plein emploi.

 

Pierre Méhaignerie

Président de Vitré Communauté

14 janvier 2016

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