Nouveau Gouvernement : Réconcilier « libéral » et « social » ?

3
sept

Puisse la nouvelle équipe gouvernementale désintoxiquer le Pays des déclarations infantiles que l’on entend nulle part en Europe, pas même en Russie, sur l’entreprise, les patrons, les dividendes, la faute à l’Europe, le socialisme rêvé.

Puisse cette nouvelle équipe nous aider à réconcilier ces deux mots « libéral » et « social »  parce que toute l’expérience du Monde nous enseigne que l’un ne va pas sans l’autre.

Puisse cette nouvelle équipe proposer ou défendre un message d’optimisme lucide.

Optimisme car la France reste aujourd’hui en Europe le pays qui a le plus d’atouts.

Lucide car dans le Monde d’aujourd’hui, il ne peut pas y avoir d’exception française qui permette tout à la fois de bénéficier des 35 heures, de la durée de retraite la plus longue, de l’Etat-providence le plus développé et en même temps obtenir le plein emploi et améliorer le pouvoir d’achat des 8 à 10 millions de foyers pour qui la fin de mois est difficile*.

Lucide pour combattre les excès d’un Etat beaucoup trop centralisé, beaucoup trop règlementaire alors que tous les systèmes centralisés dans le monde rendent l’âme l’un après l’autre.

Lucide pour défendre le Service public, véritable rempart contre les inégalités, mais à condition que celui-ci rende des services à des coûts raisonnables, ce qui est loin d’être toujours le cas.

Lucide pour alléger le poids des rigidités qui coûtent chères et qui renforcent, à l’étranger, le message « n’allez pas en France tout est trop compliqué ». Si ces conditions d’adaptation de la France au Monde devaient être réunies, l’opposition, en particulier sa composante sociale-libérale, devrait soutenir les réformes allant dans ce sens. Lorsque Michel ROCARD était 1er ministre et qu’il n’avait pas de majorité claire, le groupe centriste que je présidais, soutenait nombre des réformes du Gouvernement. Or, telle ne fût pas ma surprise lorsque Michel ROCARD me dit « Pierre ne me soutient plus, j’ai trop de problèmes à l’intérieur du PS ».
Peut-on, aujourd’hui encore, espérer une transformation du parti socialiste en vrai parti social-démocrate ?
Ce serait l’intérêt du Pays.    

*Deux chiffres doivent être en permanence rappelés car ils expliquent l’essentiel de nos difficultés : 616 : c’est le nombre d’heures de travail par habitant en France. La moyenne européenne est à 690 et les pays scandinaves sont nettement au-dessus de 700 heures. 6,1 points de PIB : c’est la richesse supplémentaire consacrée à l’Etat-providence en France, dans les 25 dernières années, contre une progression moyenne de 2,4 points de PIB en Europe.
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