Les ouvriers sont une nouvelle fois les grands perdants des gouvernements socialistes

10
jan

Depuis de longues années je dis et je répète que les ouvriers n’ont pas, dans la société française, la place qui leur revient, ni en termes de revenus, ni en termes de considération. Les différences sont d’ailleurs à cet égard frappantes par rapport à nos voisins, en particulier l’Allemagne.

Leur représentation politique est extrêmement faible. Aujourd’hui la quasi-totalité des nouveaux députés, en particulier au Parti socialiste, viennent de la fonction publique ou des appareils politiques. On parle, à juste titre, de pénalité pour les partis politiques qui n’ont pas une représentation suffisante de candidates et femmes élues. Pourquoi n’appliquerions-nous pas demain des pénalités pour des formations politiques représentées par une majorité d’élu(e)s venant de la seule fonction publique ?

Les ouvriers ont été les grands perdants des deux septennats de François Mitterrand. Entre 1983 et 1986 la part du travail dans la valeur ajoutée a fortement chuté par rapport au capital. C’est à cette période où il y a eu simultanément perte de travail et de pouvoir d’achat. L’accession à la propriété des catégories populaires a été en forte chute.

Quant aux 35 heures, les ouvriers ont été la seule catégorie à payer les 35 heures par des augmentations de cadences, des horaires décalés…D’ailleurs, les médecins notent depuis cette date un fort accroissement des troubles musculo-squelettiques.

Un salaire direct faible et un coût de travail élevé sont le produit d’un état hypertrophié. Aujourd’hui rien n’est fait pour l’alléger.

L’accélération du rythme des suppressions d’emplois et la disparition des avantages liés aux heures supplémentaires ont été extrêmement pénalisants, perçues comme une indifférence envers cette catégorie professionnelle.

Je suis particulièrement sensible à cette situation parce que je représente un bassin d’emploi où 45% des actifs travaillent dans l’industrie. Jusqu’à aujourd’hui, notre taux de chômage reste faible : autour de 5%. Mais qu’en sera-t-il demain ? Malgré quelques changements récents dans le vocabulaire, de très mauvaises mesures ont été prises au cours des six premiers mois qui vont continuer à avoir des effets négatifs sur l’emploi et le pouvoir d’achat.

Si nous ne voulons pas voir demain encore plus de salariés tentés par le Front National, il appartient à l’opposition de prendre en compte, encore plus que ce qui a été fait, leurs attentes. Dans leur action locale, les élus de l’opposition, s’ils veulent convaincre, doivent être eux-mêmes exemplaires pour concilier efficacité économique et justice sociale.

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