Gagner « la grande bataille de l’emploi » Avec François Hollande un miracle est-il encore possible ?

10
jan

François Hollande avait pour sa campagne électorale une voie toute tracée : la voie sociale-démocrate, ou si l’on veut, la voie sociale-libérale empruntée par les pays scandinaves, par l’Allemagne, avec les résultats que l’on sait. Mais il a choisi, par facilité, par absence de courage, par incapacité à surmonter les contradictions internes au Parti socialiste, la voie de la démagogie de la veille gauche archaïque. Ou, autrement dit, une impasse.

Son insistance à parler en permanence du changement sans dire par quels efforts on peut y parvenir a généré très rapidement chez les français une perte de confiance, et plus encore parmi les ouvriers. Récemment de nouveaux mots sont apparus dans le vocabulaire : compétitivité, coût du travail, flexibilité et sécurisation des parcours professionnels, respect des chefs d’entreprises créateurs d’emplois… Ce changement dans les mots, peut-il être concrétisé, alors que sa majorité est en partie rebelle, et que l’opinion publique s’estime trahie et a perdu confiance?

Partant de cette situation, un miracle est-il encore possible ? Oui, pourvu que l’on tienne un discours de vérité et de confiance dans l’avenir, accompagné de mesures fortes. Quel discours tenir ? La France, a, plus qu’aucun autre pays des atouts exceptionnels qui lui permettent de vaincre l’inégalité majeure, le chômage…mais à condition de réduire ses faiblesses. Celles-ci sont dues au fait que nous n’avons pas suffisamment pris en compte la mondialisation incontournable et son exigence, la compétitivité ; le vieillissement de la population et ses conséquences financières qui imposent une plus grande rigueur dans la gestion de l’état et des dépenses publiques ; enfin, la mutation technologique dont les bases traditionnelles du système éducatif n’ont pas suffisamment tenu compte. J’aimerais entendre un chef de gouvernement dire et répéter que, dans le monde d’aujourd’hui, il ne peut pas y avoir d’exception française qui permette d’avoir tout à la fois les 35 heures, la durée d’espérance de vie à la retraite la plus longue d’Europe, un système d’état providence le plus développé, et en même temps le plein emploi et l’amélioration du pouvoir d’achat.

J’aimerais voir la mise en place des mesures suivantes.
Tout d’abord, nous ne pouvons pas conserver cette spécificité des 35 heures unique dans le monde! Pour les secteurs industriels aux 2 X 8 et aux 3 X 8 qui ont accepté une modulation des horaires dans l’année, les 35 heures sont justifiées. Par contre, ils ne le sont pas pour l’ensemble du secteur public et pour les autres professions. Deuxièmement, notre système social : on doit le maintenir mais on ne le fera que s’il existe une part de responsabilité assumée par l’assuré (plus importante que les 50 centimes par boîte de médicaments).
Un autre exemple est celui de l’UNEDIC, notre assurance chômage coûte beaucoup plus cher que chez nos voisins. Est-il justifié que le plafond mensuel d’indemnités soit de 6000 € par mois non dégressif pendant 23 mois ? Ceci se paie par des salaires directs relativement faibles et une compétitivité affaiblie.
Troisièmement, concernant le secteur éducatif : autant il est primordial dans l’enseignement primaire de conserver tous les postes pour mieux lutter contre les inégalités du départ, autant il n’est pas justifié d’avoir pour le second cycle en France un coût de 15% supérieur à la moyenne des pays européens. Le rapport de la Cour des Comptes expliquait ce coût plus élevé par le nombre excessif d’heures de cours.
Le redéploiement de moyens financiers vers la formation professionnelle et la lutte contre le décrochage scolaire serait à la fois plus efficace et plus juste.

Un autre objectif qui semble inatteignable depuis des décennies est celui de la remise en question de l’empilement des structures publiques, qu’elles soient d’État ou dépendantes des collectivités locales. Les politiques publiques ne souffrent pas d’une insuffisance de moyens mais d’une accumulation d’organismes et de strates, doublée d’une confusion d’objectifs. Les complexités qui s’en suivent accroissent les délais et les coûts supportés par les entreprises et les citoyens.

Deux exemples récents, parmi de multiples, démontrent l’ampleur de ce problème : j’ai la chance d’avoir dans le Pays de Vitré, un bassin d’emplois de 100.000 habitants, un réseau de pompiers volontaires très performant. Or, la tentation des structures et des organisations syndicales n’est-elle pas d’encourager la création de postes de pompiers professionnels dont chacun sait que le coût est beaucoup plus élevé.
Voici un deuxième exemple : le Cour des Comptes a établi un rapport extrêmement sévère sur le fonctionnement du Centre National de la Fonction Publique Territoriale. La précédente majorité a, à juste titre, diminué de 0,1 % la cotisation payée par les collectivités à cet organisme. L’actuelle majorité l’a rétablie. Pourquoi ? A quoi sert-il de réaliser des évaluations si l’on n’en tient pas compte ensuite ? Comment le Président Hollande a-t-il pu imaginer qu’avec 38 ministres il allait faire preuve d’exemplarité et de sérieux dans la gestion ? Il est hélas peu probable que la majorité actuelle ait la lucidité et le courage de s’engager dans une voie vertueuse et rigoureuse, et pourtant elle seule permettrait à terme de développer l’économie et revaloriser les salaires directs de ceux qui n’ont pas, dans la société française, la considération et le salaire correspondant à la dureté et parfois la pénibilité de leur travail. Au cas où la Majorité prendrait certaines mesures dans cette direction, l’Opposition se devrait de les soutenir.

Ce que je prône ici je l’applique au niveau de la gestion locale depuis de très nombreuses années. Le résultat : 5,4% de taux de chômage, 45% des actifs travaillent dans l’industrie, et celle-ci continue à créer des emplois. Quant au pouvoir d’achat du salaire brut moyen par tête, sur 21 pays en Bretagne nous sommes passés du 11ème au 3ème rang, juste après Rennes et Lannion. La France a de formidables atouts. Réduisons les faiblesses que tous nos voisins connaissent parfaitement et nous engendrerons de la confiance en l’avenir.

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